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Instruments




LE BÉRIMBAU
Cet instrument de la famille des arcs est originaire de l’Angola, importé au Brésil par les esclaves noirs pendant les 16è et 17è siècles. Deux types d’arcs musicaux sont à l’origine du berimbau brésilien : le Mbulumbumba de la province de Wila dans le sud-ouest de l’Angola et le Hungu de la région de langue Quimbudu aux alentours de Luanda. Il se joue debout, la calebasse portée au niveau du ventre avec un mouvement alterné d'avant en arrière et en frappant la corde métallique à l'aide d'une très fine baguette de bois. La main qui soutient l'instrument tient également un anneau en métal ou un galet, qu'elle applique à la corde pour donner divers effets. Un petit caxixi, tenu avec la baguette, accompagne les rythmiques. Le berimbau s'accorde en tendant l'arc ou en déplaçant la calebasse. Les différentes tailles de calebasse (Viola, Gunga) font d'un bérimbau sa spécificité dans l'ensemble.
La principale caractéristique du berimbau est d’utiliser comme caisse de résonnance une calebasse en même que le propre ventre du joueur. Pour cette raison, cet arc en bois avec une seule corde est aussi appelée le berimbau-de-barriga (berimbau à ventre) pour marquer la différence avec le bérimbau-de-boca (de bouche), instrument à vent de même origine. Parmi les transformations que ce dernier a subi au fil des années, on connaît l’allongement de l’arc, le remplacement de la corde en coton ou en tripes de porc par le fil de fer, les apports du caxixi (panier en osier fermé et rempli de graines), ainsi que la pièce de monnaie aujourd’hui remplacée par une galette, qui sert à donner une variante au son grâce à une pression sur la corde de l’instrument.
Vers 1930, le berimbau était menacé de tomber dans l’oubli. Etant connu seulement à Salvador de Bahia (ville brésilienne très marquée par la culture africaine) au contraire d’autres instruments venus d’Afrique comme le lamelophone et le luth à arc qui ont complètement disparu du Brésil. Le bérimbau, est un symbole de la capoeira. Il servait à l'origine à avertir ces combattants des arrivées inopportunes. Le berimbau a survécu grâce à son association à la Capoeira, qui est aujourd’hui une des manifestations de la culture afro-brésilienne des plus fortes et des plus connues. L’exécution de la capoeira sous forme de jeu ou d’exhibition (une forme de lutte à l’origine) obéit à des règles très précises. Qu’il s’agisse de l’évolution des joueurs ou de la partie instrumentale, dans sa forme moderne, elle se produit avec un petit orchestre composé de pandeiros (petit tambourin avec autour des clochettes), d’agogos (double cloche), d’atabaques (espèce de tambours) et surtout du berimbau (un ou plusieurs). Les combattants réunis en cercle chantent et claquent des mains dans ce même rythme. La musique du berimbau est très simple. Elle consiste en une séquence de sons produits par le joueur au moyen d’une baguette qui touche la corde. Les joueurs de berimbau peuvent apporter un changement dans le jeu des combattants (danseurs) en modifiant le rythme des instruments. De la même manière, les musiciens sont stimulés par les mouvements exécutés. Il s’établit donc un échange continu qui lie intimement la musique au mouvement.
Mais l’instrument n’est pas resté confiné au sein de la communauté noire brésilienne. A partir des années 60, le bérimbau est sorti du cercle des adeptes de la capoeira. Il a gagné une place dans la production musicale brésilienne grâce à des artistes comme Vinicius de Moraes qui lui a consacré une chanson. Le berimbau est rentré dans la musique populaire du pays, notamment dans le jazz brésilien des années 70. Il est devenu une des caractéristiques de la musique d’artistes comme Airto Moreira et Nana Vasconcelos.

     
     

LE CELIBAU
Le célibau est un bérimbau que l'on utilise avec une calebasse pleine, inversée. Le bâton en bériba passe à l'intérieur de la calebasse en se glissant dans une encoche prévue à cet effet. La corde d'acier vient appuyer sur une traverse en bois qui passe dans la tête de la calebasse, permettant au musicien d'utiliser à la fois la partie basse et la partie haute du cable .

L'ATABAQUE
L'atabaque est un long tambour à peau, qui est comme l'agôgô, un instrument du Candomblé ( Macumba ou Vaudou Brésilien...). Ce tambour traditionnel brésilien est utilisé pour accompagner les danseurs de capoeira. Son système de tension est composé de calles de bois taillées en biseau, que l'on vient placer entre le fût et un anneau métallique, sur lequel est fixée la corde. C'est en frappant sur les calles à l'aide d'un maillet que l'anneau descend et tend la peau de vache. Ce tambour ne requiert pas une forte tension car il doit avoir une sonorité assez grave.

LE PANDEIRO
Le pandeiro est l'instrument national du Brésil. La sonorité idéale se traduit par un ton chaud et "gras" ainsi que par un son sec et cristallin pour les cymbales. Un bon pandeiro reproduit tous les sons de la section instrumentale.
Sous ses allures de simple tambourin à cymbalettes, le pandeiro est un instrument très riche et très complet que l'on retrouve dans différents genres de musique à travers tout le Brésil. Il accompagne, seul ou avec d'autres instruments, les joutes verbales des "repentistas" (troubadours) de São Paulo, les joueurs de berimbaus au cours des rodas de Capoeira bahianaises, sans oublier les sessions de Pagode à Rio.
La technique du pandeiro peut-être très simple (accompgnement de capoeira) comme très complexe (le Pagode de Fundo de Quintal, par exemple). En effet, la main-maître compte une multiplicité de frappes distinctes, lui permettant de reproduire tous les sons nécessaires à la polyrythmie. Le pandeiro a acquis ses lettres de noblesse entre les mains de musiciens tels que Marcos Suzano.
Le pandeiro c'est un petit tambour sur cadre recouvert d'une peau fine. De petites cymbalettes sont disposées sur le bord de l'instrument. On le tient d'une main et on réalise avec l'autre, différentes notes en fonction des positions de la main. Les claquements alternent aux notes toniques et un mouvement de poignet, dans lequel on utilise beaucoup les doigts, qui permettent de jouer une rythmique très spécifique du pandeiro qui soutient le rythme.

                              

L'AGÔGÔ
L'agôgô est une double cloche que l'on utilise traditionnellement dans beaucoup de styles de percussions (africains, afro-cubains et afro-brésilien...). Cet instrument est surtout un élément indissociable des cultes Vaudou, qui ont traversé l'océan atlantique avec les esclaves. Les cloches agogo sont utilisées dans diverses musiques latines mais principalement dans les sections de batucada et la capoeira. Elles apportent la brillance nécessaire à l'équilibre des nombreuses sonorités de la "bateria".