La Langue Portugaise, le Brésil, la Lusophonie, La Mondialisation Linguistique:                
Un Nouveau Regard                

Christian Poncelet


Message de M. Christian Poncelet,*
Président du Sénat,
à l'occasion de la scéance inaugurale du colloque

"La langue portugaise, le Brésil, la lusophonie,
La mondialisation linguistique: un nouveau regard"


Palais du Luxembourg, le 16 novembre 2005

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs Les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Retenu par des obligations impératives, je ne puis malheureusement être à vos côtés en cette grande occasion. Croyez bien que je le regrette et soyez sûrs que je forme mes voeux les plus chaleureux pour la réussite de vos travaux.

J'ai parlé de grande occasion car la lusophonie n'est pas aussi connue qu'elle devrait l'être, au regard du nombre de pays ou personnes ayant la langue portugaise en partage.

Quand on parle de lusophonie, on pe,se d'abord et avant tout, bien sûr, au Portugal - d'où tout est parti - et au Brésil - qui compte le plus grand nombre de lusophones et qui a été magistralement fêté en France cette année. C'est bien!

Mais on oublie trop souvent que la lusophonie participe du mouvement général de mondialisation par sa présence en Afrique (Angola, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Mozambique, São-Tomé et Principe) et même en Asie (Timor).

Le portugais, comme l'anglais, l'espagnol et le français, est donc devenu une langue de communication mondiale.

Désormais dotée de strutures officielles - depuis 1996 - sur le modèle de la francophonie, bénéficiant en outre de l'apport de technologies nouvelles - et d'internet en particulier -, la lusophonie jouera un rôle de plus en plus important, que ce soit aux plans politique, culturel ou économique.

Politiquement, l'exemple de la francophonie, qui s'est toujours voulue ouverte et non repliée sur elle-même - en un combat agressif et stérile contre la domination de l'anglais -, montre qu'en s'organisant un peu, on finit par être entendu et qu'une communauté de valeurs facilite les rapprochements, au-delà de la distance géographique, voire idéologique.

Culturellement, il va sans dire que le partage d'une même langue façonne des sensibilités et des mentalités voisines, au bout du compte plus à même de se comprendre et de travailler ensemble.

Economiquement, surtout dans un monde globalisé, est-il besoin de souligner l'influence d'une unité linguistique sur le développement des échanges économiques et commerciaux. Là aussi, les perspectives sont nombreuses et favorables.

Tout à l'heure, j'insistais sur le caractère ouvert de la francophonie, qui me semble être l'une des conditions de son succès. Je me réjouis de constater que ce colloque montre que la lusophonie suit le même chemin et j'y vois un signe de sa parfaite adaptation aux réalités internationales.

Ouvertes l'une et l'autre, la francophonie et la lusophonie doivent travailler ensemble, en n'omettant pas d'associer l'autre grande langue latine qui compte un plus grand nombre de locuteurs encore, je pense évidemment à l'espagnol.

Partageant la même origine latine, qui renvoie à une histoire et culture aussi anciennes que brillantes et prometteuses, le portugais, l'espagnol et le français peuvent et doivent travailler dans le même sens, celui de la promotion de la diversité culturelle et de l'affirmation du primat de l'homme en politique.

Dans la bataille linguistique mondiale actuellement à l'oeuvre, le portugais, troisième langue européenne la plus parlée dans le monde après l'anglais et l'espagnol, a toute sa place.

Je me félicite que la France ait été le premier pays d'Europe à introduire l'enseignement du portugais dans son système éducatif, à l'université dès 1920 et dans le secondaire dès 1973. Il n'y a pas de raison que cela s'arrête. Comptez sur nous pour y veiller.

Votre programme étant aussi chargé qu'ambitieux, je n'en dirai pas plus, laissant ce soin aux nombreux spécialistes qui vont se succéder tout au long des trois jours consacrés à ce thème stratégique.

Je vous souhaite à toutes et à tous d'excellents travaux et vous remercie d'avoir bien voulu les inaugurer au Sénat de la République française.




Christian Poncelet

Christian Poncelet, né le 24 mars 1928 à Blaise (Ardennes), est un homme politique français.

Issu de l'École nationale professionnelle des PTT, il débuta sa carrière en 1950, devenant contrôleur des télécommunications en 1953. Parallèlement à son activité professionnelle, il assuma des responsabilités syndicales dans le cadre de la CFTC.

En 1962, il fut élu député UNR-UDT des Vosges dans la circonscription de Remiremont, siège qu'il conserva jusqu'en 1973. Il resta d'ailleurs fidèle à la ville de Remiremont, dont il fut conseiller municipal dès 1965, premier adjoint à partir de 1971 puis maire de 1983 à 2001.

Il fut à quatre reprises membre du gouvernement comme secrétaire d'état :
* chargé des affaires sociales en 1972
* auprès du Ministre du travail, chargé de l'emploi et de la population en 1973
* chargé du budget auprès du Ministre de l'Économie et des Finances en 1974
* auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement en 1977

Conseiller régional de Lorraine de 1977 à 1992, sénateur des Vosges depuis 1977, et maire de Remiremont de 1983 à 2001. Il occupe depuis le 2 octobre 1998 le poste de président du Sénat.

Conseiller général du canton de Remiremont depuis 1963, il est président du Conseil Général des Vosges depuis 1976.

Il est membre de la section française de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.



Ce texte a été lu par Monsieur le Sénateur Ladislas Poniatowski, Vice-Président du Groupe Interparlementaire France-Amérique du Sud