La Langue Portugaise, le Brésil, la Lusophonie, La Mondialisation Linguistique:                
Un Nouveau Regard                



Intervention de
S.E.M. l’Ambassadeur Bernardino Osio,
Secrétaire général de l’Union latine

à l'occasion de la scéance inaugurale du colloque:
La langue portugaise, le Brésil, la lusophonie, la mondialisation linguistique : un nouveau regard

Paris, 16-18 novembre 2005

Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Sénateur,
Messieurs le Secrétaire général de l’OIF,
Monsieur le Secrétaire exécutif de la CPLP,
Monsieur le Député-Maire de la ville de Montreuil,
Illustres invités
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous dire ma reconnaissance pour l’invitation qui m’a été faite à participer, en ce noble lieu, à l’inauguration de ce colloque autour du grand pays qui est le Brésil, de la langue portugaise et du monde lusophone sous un nouveau regard de la mondialisation linguistique.

Le Brésil, pays de la diversité par excellence, de par les multiples origines de sa population, a su créer une identité propre autour d’une langue devenue commune à tous et par laquelle chacun exprime ses particularités culturelles : la langue portugaise ; cette langue embarquée dans les « caravelas quinhentistas » qui s’est fait approprier par des peuples lointains en Afrique, en Amérique et en Asie, marquant ainsi le début de la mondialisation linguistique.

Aujourd’hui le portugais réunit plus de 220 millions de citoyens des 8 Etats de la Communauté des Pays de Langue Portugaise, qui le partagent comme langue commune de communication, en tant que langue maternelle et officielle. La langue portugaise est donc le dénominateur commun entre ces peuples qui, en se l’appropriant, l’ont enrichie au contact de leurs propres cultures. En même temps, elle apportait aux différents composants culturels locaux ses propres empreintes linguistiques et culturelles.

Ce partage multicontinental a fait qu’elle se soit imposée aussi comme langue de communication internationale, devenant langue officielle et de travail dans des organisations internationales et régionales.

Avec l’espagnol et le français, le portugais constitue un des Trois Espaces linguistiques. Ce fût en 2001 que les organisations représentatives de ces Espaces ont décidé de déployer des efforts conjointement pour contribuer à la promotion de la diversité linguistique et culturelle ainsi qu’à la valorisation sur le plan international de ces trois langues, inaugurant ainsi une coopération internationale inédite.

Cette année du Brésil en France, fêtée de différentes formes, montre l’intérêt que ce pays d’Amérique latine suscite de plus en plus en France et dans le monde. Elle met aussi en relief les liens que ces deux pays ont su tisser dans plusieurs domaines et qui sont à la base d’une coopération qui va en se renforçant surtout dans des domaines qui font appel aux technologies de pointe et à la recherche scientifique et technologique, où le Brésil est devenu une référence mondiale.

La France et le Brésil, deux pays de langues romanes qui comptent parmi les 39 Etats membres de l’Union Latine et qui ont joué un rôle déterminant dans l’affirmation de cette organisation. Permettez-moi de vous la présenter très brièvement.

Fondée en 1954 par la Convention de Madrid, au bout d’un processus de négociations où le rôle de Monsieur João Neves da Fontoura, Ministre des Affaires étrangères du Brésil de 1951 à 1953, a été capital, l’Union Latine est une organisation intergouvernementale qui regroupe des Etats de langues romanes en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie et dont le Secrétariat général se trouve à Paris. Attachée au principe de la diversité culturelle et linguistique, elle a pour vocation la promotion et la diffusion du patrimoine linguistique et culturel commun à ses Etats membres, en agissant dans trois domaines : la promotion des cultures latines, la promotion de l'enseignement des langues latines et le développement de la terminologie scientifique et technique en langues latines.

Aussi, comme l’objectif de ce colloque s’insère dans la politique générale de notre organisation, elle souhaite lui apporter son meilleur concours pour qu’il soit un succès.

Pour terminer, je voudrais féliciter les organisateurs pour cette noble initiative qui, je l’espère, contribuera au renforcement des liens entre le Brésil et la France.

Muito obrigado.



Bernardino Osio


Bernardino Osio est né à Milan, diplômé en Jurisprudence à l’Université de Milan. Commence en 1960 une carrière diplomatique à la Direction des Affaires économiques du Ministère des Relations extérieures. Il est nommé en 1963, Vice-consul d’Italie à Lugano, ensuite à Bâle. Il est transféré à l’Ambassade d’Italie à Buenos Aires et, plus tard, à celle auprès du Saint Siège. De 1973 à 1975, Chef de la Coordination du Protocole Diplomatique de la République au Ministère italien des Relations extérieures. En 1978, Premier Conseiller chargé de la Presse et de la Culture à l’Ambassade d’Italie à Paris et entre 1981 et 1984 il est Ambassadeur d’Italie en Equateur. Il est nommé en 1984, Chef du Bureau Amérique Latine au Ministère des Relations extérieures, en 1986 Ministre à l’Ambassade d’Italie à Madrid, en 1990 Ambassadeur d’Italie au Pérou et en 1994 Secrétaire Général de l’Institut Italo-Latino Américain.

Depuis le 1er janvier 2001, exerce la fonction de Secrétaire Général de l’Union Latine, dont le Secrétariat Général se trouve à Paris.

A reçu de nombreux titres parmi lesquels :
« Encomienda de número » de l’Ordre de Isabel la Católica, Espagne,1997
Grande Croix de l’Ordre National du Cruzeiro do Sul (Brésil), 1999
Grande Croix de l’Ordre du Mérite de la République Italienne, 2001