La Langue Portugaise, le Brésil, la Lusophonie, La Mondialisation Linguistique:                
Un Nouveau Regard                

«O outro que fala a mesma língua que eu»

Para mim «o outro que fala a mesma língua que eu» é alguém com quem posso facilmente partilhar ideias, sentimentos e anseios, trocar experiências, conceber e realizar projectos comuns. É alguém que, através de uma simples conversa, consegue alargar os meus horizontes para outros países e continentes. É alguém com quem imediatamente me identifico no meio de pessoas que falam outras línguas. É alguém que, pelo menos ao nível da palavra, é próximo e solidário.

Permitam-me que ilustre um pouco o que acabo de afirmar relatando, embora muito resumidamente, um episódio que ocorreu durante a minha última estadia em Paris.

Por razões profissionais tenho que vir a esta linda cidade pelo menos duas vezes por ano, por períodos relativamente longos. Hospedo-me sempre no mesmo hotel onde todos me conhecem, incluindo os empregados de mesa. E alguns destes, quando entro na sala de jantar, saúdam-me com uma espécie de eufórica deferência:

Bonjour, madame du Mozambique!

Assim aconteceu naquela noite em que mal acabava de me sentar, duas senhoras abandonaram precipitadamente a mesa onde se encontravam para irem ocupar a que estava mais próxima de mim.

A senhora fala português? perguntou-me anciosamente uma delas revelando, pelo sotaque, a brasileira origem.

Sim, falo português. Como é que advinhou?

Ouvi o empregado falar de Moçambique. Lá vocês falam português, não é? replicou a senhora com a voz já menos tensa.

Fiquei então a saber que estavam quase para desistir de jantar e ir a qualquer sítio comer uma sandes. Mas, uma vez que eu falava português, talvez as pudesse ajudar. Queriam apenas um peixinho grelhado, batata cozida e legumes, mas o empregado não conseguia entendê-las e elas não falavam francês. Pareciam bastante pertubadas pois suspeitavam que, pelo facto de não falarem francês, não lhes davam a devida atenção.

Apressei-me a chamar o empregado a quem transmiti o pedido das senhoras. Este perguntou-me de que país elas eram, aproveitando a ocasião para murmurar, «Elles sont bizarres!».

Fiquei a pensar como é fácil rotular alguém que não conseguimos entender!

Enquanto esperávamos pela comida conversámos sobre os mais variados assuntos, incluindo os problemas e os encantos dos nossos respectivos países. Revelaram-me também que eram ambas viúvas, viviam no Nordeste do Brasil mais concretamente em Maceió, e que estavam em París integradas numa excursão. Sentiam-se um pouco isoladas das restantes excursionistas cuja principal preocupação era comprar roupas e souvenirs, enquanto elas preferiam visitar monumentos, museus e locais típicos de París.

O tempo correu sem darmos por isso e, quando o empregado chegou com o peixe, a batata e os legumes, as senhoras quase bateram palmas.

Comeram com visível gosto e, quando por fim nos despedimos, agradeceram mais uma vez o facto de as ter livrado de ficar sem jantar.

Não tenho dúvidas de que, naquela noite, para as duas senhoras brasileiras, uma moçambicana personificou, de uma forma simultâneamente simples e visível «o outro que fala a mesma língua que eu.»

Lília Momplé


“L’autre qui parle ma langue”

Pour moi “l’autre qui parle ma langue” est quelqu’un avec qui je peux facilement partager des idées, des sentiments et des désirs, échanger des expériences, concevoir et réaliser des projets communs. C’est quelqu’un qui, par le biais d’une simple conversation, élargit mes horizons vers d’autres pays et continents. C’est quelqu’un avec qui je m’identifie immédiatement au milieu de personnes qui parlent d’autres langues. C’est quelqu’un qui, au moins au niveau de la parole, est proche et solidaire.

Permettez-moi d’illustrer un peu ce que je viens d’affirmer en relatant, bien que de façon très sommaire, un épisode qui s’est passé lors de mon dernier séjour à Paris.

Pour des motifs professionnels je dois me rendre dans cette belle ville au moins deux fois par an, pour des périodes relativement longues. Je descends toujours dans le même hôtel oú je suis connue de tous, serveurs inclus. Et certains, lorsque j’entre dans la salle à manger, me saluent avec une sorte de déférence euphorique:

- Bonjour, madame du Mozambique!

Cela s’est passé de la même façon ce soir-là, et au moment où je venais de m’asseoir, deux dames abandonnèrent précipitamment la table où elles se trouvaient pour venir occuper celle qui était la plus proche de la mienne.

- Vous parlez portugais? me demanda anxieusement l’une d’elles, révélant par son accent son origine brésilienne.

-Oui, je parle portugais, Comment l’avez-vous deviné?

-J’ai entendu le serveur parler du Mozambique. Là vous parlez portugais, n’est-ce pas? répondit la femme d’une voix plus calme.

J’ai su alors qu’elles étaient sur le point de désister du dîner et d’aller n’importe où manger des sandwichs. Mais, puisque je parlais portugais, je pourrai peut-être les aider. Elles désiraient seulement un poisson grillé, des pommes de terre vapeur et des légumes mais le serveur n’arrivait pas à les comprendre et elles ne parlaient pas français. Elles semblaient assez troublées car elles croyaient que, ne parlant pas français, on les délaissait.

Je m’empressai d’appeler le serveur auquel je transmis leur demande. Celui-ci me demanda de quel pays elles étaient, profitant de l’occasion pour murmurer “elles sont bizarres!”

J’ai pensé comme il est facile de cataloguer une personne que l’on n’arrive pas à comprendre!

Pendant que nous attendions le repas nous avons discuté des sujets les plus variés, y compris des problèmes et des charmes de nos pays respectifs. Elles m’ont confié aussi qu’elles étaient toutes les deux veuves, qu’elles vivaient dans le nord-est du Brésil, plus précisément à Maceió, et qu’elles faisaient partie d’une excursion à Paris. Elles se sentaient un peu isolées des autres participants dont la principale préoccupation était l’achat de vêtements et de souvenirs, alors qu’elles, elles préféraient visiter les monuments, les musées et les endroits typiques de Paris.

Le temps passa sans que nous en rendre compte et, quand le serveur arriva avec le poisson, les pommes de terres et les légumes, peu s’en fallut que les deux dames n’applaudissent.

Elles ont mangé avec un plaisir visible et quand finalement nous avons pris congé, elles me remercièrent encore une fois de les avoir aidées à ne pas rester sans dîner.

Aucun doute pour moi que, ce soir-là, pour les deux dames brésiliennes, une mozambicaine a personnifié, d’une manière à la fois simple et visible, “l’autre qui parle ma langue”

D’après Lilia Monplé
Traduction de Annie Marques dos Santos




Lília Monplé


Lília Maria Clara Carrière Monplé est née le 19 Mars 1935, dans l'Ile de Mozambique.
Elle est mariée et licenciée (Service social, Institut Supérieur du Service Social de Lisbonne). Après avoir vécu au Portugal, Londres, São Paulo et Salvador de Bahia (Brésil), elle réside au Mozambique depuis 1971.
En 1988, elle publie son premier roman «Ninguém Matou Suhura» (Personne n'a tué Suhura) en 1988, qui sera suivi de « Neighbours » (roman) en 1995, d'un recueil de contes « Os olhos da cobra verde » (Les yeux du serpent vert ) et d'un vidéodrame « Muhipiti Alma » en 1997.
Elle a occupé plusieurs postes à la direction à l'Association des Ecrivains Mozambicains, y compris le poste de Présidente (1996-1999) et de Secrétaire Générale. (1999-2002).
Elle est Honourary Fellow in Literature de l'Université de Iowa (EUA).
Elle a gagné le premier prix du concours littéraire pour la commémoration du premier centenaire de la villle de Maputo. Elle a été nominée pour le Prix Caine pour African Writing (2001). Elle a fait partie des cinq écrivains nominés sur 120 de 28 pays. En 2002 elle a reçu le Diplôme d'Honneur de l'Association des Ecrivains Mozambicains.
De 2001 a 2005, elle a été membre do Conseil Exécutif de l’Unesco.