La Langue Portugaise, le Brésil, la Lusophonie, La Mondialisation Linguistique:                
Un Nouveau Regard                

Intervention de l’Ambassadeur Luis Fonseca,
Secrétaire exécutif de la CPLP,
à la session inaugurale du Colloque international :

"La langue portugaise, le Brésil, la lusophonie,
La mondialisation linguistique: un nouveau regard"

Paris, le 16 Novembre 2005

Il m’incombe tout d’abord de féliciter la Mairie de Montreuil et l’Association Arara pour l’initiative de la réalisation de ce Colloque, dans le cadre du programme Brésil-Brésils 2005, par lequel la France rend hommage la grande nation lusophone.

Je voudrais exprimer toute mon estime pour l’organisation du Colloque et en particulier à Mademoiselle Parvaux pour l’invitation qu’elle m’a faite. Elle a ainsi rendu possible une participation institutionnelle de la Lusophonie dans cet important évènement culturel franco lusophone, auquel la Présence De Monsieur Christian Poncelet, Président du Sénat Français, confère la plus haute solennité.

Il très significatif que cette session soit co-présidée par l’un des plus éminent précurseur de la Communauté des Pays de Langue portugaise, Monsieur José Sarney, Sénateur, ex-Président du Brésil et ex-Président du Sénat de ce pays, à qui on doit l’initiative , en 1989, de réunir dans la ville de São Luís du Maranhão, les chefs d’Etat et les chefs de gouvernement des pays de langue officielle portugaise pour créer l’Institut International de Langue Portugaise, ce qui allait déclencher ainsi le processus de création de la CPLP.

Ce Colloque se réalise au moment où l’on célèbre les trente ans de l’irruption des voix de six nouvelles nations dans le concert mondial, qui fait entendre une nouvelle tonalité dans le dialogue entre les peuples du monde.

Les indépendances des anciennes colonies portugaises ont constitué – diront certains – paradoxalement, une importante impulsion pour la diffusion de la langue portugaise. En réalité, langue de domination coloniale, le portugais a été récupéré par les mouvements nationalistes, comme langue d’unité et de libération, et elle joue aujourd’hui un rôle décisif dans la consolidation des nouveaux Etats. L’indépendance des différents pays n’a pas été la seule à faire croître , internationalement, le nombre des personnes s’exprimant en portugais; en s’engageant dans des campagnes d’éducation et d’alphabétisation, les gouvernements de ces pays ont créé les conditions d’une généralisation de la langue et d’une augmentation impressionnante du nombre des locuteurs dans la langue de Camões, tout en libérant des énergies créatrices de nouvelles valeurs qui, avec des noms consacrés des littératures, portugaise, brésilienne et africaine , enrichissent sans cesse le patrimoine culturel d’expression portugaise.

Par ailleurs, nous nous trouvons réunis à un moment où le thème de la diversité culturelle devient de plus en plus actuel et important. Sa contribution pour l’enrichissement de la société humaine universelle, comme contrepoids aux forces centrifuges de la globalisation, fait l’objet d’intenses débats et de réflexions. Dans ce cadre, la langue portugaise, a son mot à dire; étant la sixième langue plus parlée dans le monde, elle se place clairement dans la ligne du renforcement de la capacité de participation des nations au processus de correction des déséquilibres et des asymétries culturelles. En outre, elle-même, vit quotidiennement avec des dizaines de langues nationales dans plusieurs pays de la Communauté, auxquelles elle apporte parfois une aide, tout en s’enrichissant.

Au long des siècles, la langue portugaise, est devenue le véhicule d’une pléiade d’écrivains, poètes, penseurs et essayistes qui ont contribué remarquablement à l’épanouissement de la culture universelle. Elle a imprimé sa marque dans différents créoles que l’on parle en Afrique, dans les Amériques et en Orient. Non seulement elle continue à croître en nombre de locuteurs à un rythme conditionné par la rapidité de l’expansion démographique dans certains pays, mais elle gagne en importance et en visibilité avec l’affirmation stratégique globale du Brésil et régionale de l’Angola et du Mozambique.

La CPLP, créée en 1996, sur la base d’un patrimoine commun dont la langue portugaise est l’un de ses piliers fondamentaux, aux côtés des relations tissées dans une connivence multiséculaire, rassemble huit Etats nationaux, répartis sur quatre continents et totalise plus de 220 millions de personnes; elle a pour principaux objectifs, la promotion de la langue portugaise, la coopération entre les pays membres et la concertation politique et diplomatique. Pour la promotion de la langue commune, la CPLP associe dans son action, l’Institut International de la langue portugaise, à travers d’initiatives menées conjointement avec d’autres institutions liées à l’enseignement et à la recherche, en s’efforçant de garantir une ample participation aux organisations de la société civile.

L’action de la Communauté dans le domaine de la langue prétend, cependant, dépasser les frontières de ses Etats Membres, car il existe, de par le monde, plusieurs millions de locuteurs de portugais parmi les diasporas de nos pays, en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique Australe et Occidentale, en plus des communautés de Macau et de Goa où le portugais est utilisé comme langue de communication à côté des langues nationales.

Par ailleurs, elle essaie de garantir l’utilisation du portugais comme langue de travail dans les organisations internationales et régionales. L’initiative des Trois Espaces linguistiques s’insère également dans cette perspective.

Nous nous employons à faire en sorte que la langue portugaise trouve la place à laquelle elle a droit dans la galerie des langues universelles. Nous sommes très reconnaissants aux organisateurs de cette manifestation d’avoir réalisé ce débat dans le cadre de l’Année du Brésil en France, rendant ainsi possible une discussion féconde sur le rôle et l’importance de la langue qui a donné tant de noms illustres à la littérature universelle.

Pour terminer, j’emprunterai à José Sarney les mots avec lesquels il a conclu Sa lettre d’Amour à la Langue Portugaise:

Cette langue est un miracle. Le miracle de la langue portugaise. Elle a navigué sur les Caravelles, et elle est revenue si forte et si belle qu’elle est présente 500 ans plus tard, comme un monument de communication: des plus forts et des plus puissants sur la face de la Terre.

Merci!


Intervenção do Embaixador Luís Fonseca,
Secretário Executivo da CPLP,
na Sessão inaugural do Colóquio internacional :

"A Língua Portuguesa, o Brasil, a Lusofonia,
a Globalização Linguística: Um Novo Olhar"

Paris, 16 de Novembro de 2005

Cumpre-me, em primeiro lugar, felicitar a Câmara Municipal de Montreuil assim como a Associação Arara pela iniciativa da realização deste colóquio, enquadrado no programa Brasil-Brasis 2005, com que a França homenageia a grande nação lusófona.

Quero deixar uma palavra de sincero apreço à organização do Colóquio e em particular à Dra. Solange Parvaux pelo convite que me endereçou, proporcionando assim uma participação institucional da Lusofonia neste importante evento cultural franco-lusófono, a que a presença do Senhor Christian Poncelet, Presidente do Senado francês, confere a mais alta solenidade.

É altamente significativo que a co-presidir a esta sessão se encontre um dos mais eminentes percursores da Comunidade dos Países de Língua Portuguesa, o Senhor José Sarney, Senador, ex-Presidente do Brasil e ex-Presidente do Senado desse país, e a quem se deve a iniciativa, em 1989, de reunir na cidade de S. Luís do Maranhão os Chefes de Estado e de governo dos países de língua oficial portuguesa para criar o Instituto Internacional da Língua Portuguesa, desencadeando assim o processo que levaria à constituição da CPLP.

A realização deste colóquio tem lugar quando se celebram os trinta anos da irrupção das vozes de seis novas nações de língua portuguesa no concerto mundial, fazendo soar uma nova tonalidade no diálogo entre os povos do mundo.

As independências das antigas colónias portuguesas constituíram - alguns dirão, paradoxalmente - um importante impulso para a difusão da língua portuguesa. Na verdade, de língua de dominação colonial, o português foi recuperado pelos movimentos nacionalistas como língua de unidade e libertação, desempenhando hoje um papel crucial na consolidação dos novos Estados. Não só as independências vieram adicionar novos sujeitos internacionais exprimindo-se em português como, ao se empenharem nas campanhas de educação e alfabetização, os governos desses países criaram condições para a sua generalização, fazendo aumentar de forma impressionante o número de falantes da língua de Camões, a par de fomentarem a libertação de energias criadoras de novos valores que juntamente com nomes consagrados da literatura portuguesa, brasileira e africana vão enriquecendo sem cessar o património cultural expresso em português.

Por outro lado, encontramo-nos reunidos num momento em que assume cada vez maior actualidade e relevância o tema da diversidade cultural. A sua contribuição para o enriquecimento da sociedade humana universal, como contrapeso às forças centrifugadoras da globalização é objecto de intensos debates e reflexões. A língua portuguesa tem, nesse âmbito, uma palavra a dizer: sendo a 6ª. língua mais falada no mundo ela posiciona-se claramente no sentido de reforçar a capacidade de participação das nações no processo de correcção dos desequilíbrios e assimetrias culturais. Além disso, ela própria convive no seu quotidiano com dezenas de línguas nacionais em vários países da Comunidade, às quais por vezes serve de ponte, enriquecendo-se nesse exercício. A língua portuguesa vem sendo ao longo de séculos o veículo de expressão de uma plêiade de escritores, poetas, pensadores e ensaístas que têm contribuído de forma notável para o florescimento da cultura universal. Deixou a sua matriz impressa em vários crioulos que se falam na África, Américas e no Oriente. Ela não só continua a crescer em número de falantes a um ritmo que lhe é proporcionado pela rapidez da expansão demográfica em alguns países, como vem ganhando em importância e visibilidade com a afirmação estratégica global do Brasil e regional de Angola e Moçambique.

A CPLP, criada em 1996 com base num património comum de que a língua portuguesa é um dos pilares fundamentais, ao lado das relações tecidas pela convivência multissecular, congrega oito Estados nacionais em quatro continentes, totalizando mais de 220 milhões de pessoas e tem como principais desígnios a promoção da língua portuguesa, a cooperação entre os países membros e a concertação político-diplomática. Para a promoção do idioma comum, a CPLP associa na sua acção o já citado Instituto Internacional da Língua Portuguesa através de iniciativas conjuntas com outras instituições ligadas ao ensino e à investigação, procurando garantir ampla participação às organizações da sociedade civil.

A acção da Comunidade no domínio da língua portuguesa pretende, contudo, estender-se para além das fronteiras dos seus Estados-Membros pois, espalhados pelo mundo, existem muitos milhões de falantes do português entre as diásporas dos nossos países, na Europa, América do Norte e do Sul, África Austral e Ocidental, para além das comunidades de Macau e Goa onde o português é utilizado como língua de comunicação ao lado das línguas nacionais. Por outro lado, procura assegurar que o português seja utilizado como língua de trabalho nas organizações internacionais e regionais. A iniciativa dos Três Espaços Linguísticos insere-se igualmente nessa perspectiva.

Encontramo-nos, pois empenhados em dar uma contribuição para que a língua portuguesa ocupe o lugar a que tem direito na galeria das línguas universais. Estamos muito gratos aos organizadores deste evento por proporcionarem este debate no quadro das comemorações do Ano do Brasil na França, possibilitando uma certamente fecunda discussão sobre o papel e importância da língua que tantos nomes ilustres legou à literatura universal.

Para terminar, emprestaria a José Sarney as palavras com que concluiu a sua Carta de Amor à Língua Portuguesa:

Esta língua é um milagre. O milagre da língua portuguesa. Navegou nas caravelas e voltou tão forte e bela que está presente, 500 anos depois, como um monumento de comunicação dos mais fortes e poderosos da face da Terra.

Muito obrigado!



Luís de Matos Monteiro da Fonseca


En Juillet 2004 , l'ambassadeur Luis da Fonseca est nommé Secrétaire exécutif de la CPLP (Communauté des Pays de Langue Portugaise) à Lisbonne, après une carrière politique et diplomatique qui lui a assuré une large expérience internationale.

Sa participation aux luttes pour l'indépendance du Cap Vert (1967-1973) lui a valu plusieurs années de prison. En 1973, il devient Secrétaire Général de l'Association du Commerce Industriel et Agricole de Barlavento à S.Vicente et exerce, de 1974 à 1986, des fonctions de direction dans le Parti Africain de l'Indépendance du Cap Vert. Elu député à l'Assemblée Nationale Populaire en 1975, 1980 et 1985, il entre alors dans la carrière diplomatique.

Ministre Plénipotentiaire au ministère des Affaires Etrangères depuis 1986, il est nommé Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire (1987-1974) à la Haye (Pays Bas) et accrédité auprès des Communautés européennes, à Bruxelles, Copenhague, Stokholm, Helsinki, Londres, Oslo et Rejawick en 1992, et à Moscou accrédité en Lituanie, Esthonie, Kasaquistan et Ukraine.

Il revient au Ministère des Affaires Etrangères en 1994, comme Directeur Général des Affaires Politiques et Culturelles, puis, en 1996, comme Directeur Général de la Politique externe.

Il est à nouveau envoyé comme Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire en Autriche (1999-2001) et représentant permanent du Cap Vert aux Nations Unies à Vienne, avant de devenir représentant permanent du Cap Vert aux Nations Unies à New York (2001-2004).