La Langue Portugaise, le Brésil, la Lusophonie, La Mondialisation Linguistique:                
Un Nouveau Regard                

Message de Monsieur Abdou Diouf,*
Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie,
à l'occasion de la scéance inaugurale du colloque

"La langue portugaise, le Brésil, la lusophonie,
La mondialisation linguistique: un nouveau regard"


Palais du Luxembourg, le 16 novembre 2005

Monsieur le Président,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le Député-maire,
Monsieur le Secrétaire exécutif,
Monsieur le Secrétaire général,
Chers amis,

C’est avec beaucoup de plaisir et de conviction que je représente aujourd’hui Son Excellence Monsieur Abdou DIOUF, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Je tiens tout d’abord à saluer et à remercier chaleureusement la Ville de Montreuil et l’Association ARARA pour l’excellente initiative de ce colloque international, sur un thème cher à notre Organisation qui, depuis près de 5 ans, développe sa réflexion et met en œuvre des actions conjointes avec les institutions représentatives des espaces lusophone et hispanophone, ainsi qu’avec l’Union latine.

C’était il y a déjà 5 ans, en effet, à l’occasion des préparatifs de notre Conférence des Ministres de la Culture et du IXème Sommet francophone dédié au « Dialogue des cultures », que la Francophonie a entrepris de resserrer les liens et de multiplier les échanges avec ces aires géoculturelles. Dans le contexte de la mondialisation, le combat pour la diversité culturelle et la défense des identités constitutives de ce que l’on qualifiera désormais de patrimoine commun de l’humanité, nous a paru ne pas devoir être mené seul, et l’idée de faire valoir non plus seulement la langue française mais les langues de communication internationale de la latinité s’est imposée avec évidence. C’est à cet égard avec une satisfaction particulière que je le rappelle ici, à l’occasion d’un colloque consacré à la langue portugaise, troisième langue européenne la plus parlée dans le monde, et pourtant encore si peu enseignée et promue au rang qui lui revient.

L’Année France-Brésil était bien sûr l’occasion de rappeler ces constats, et de mettre en avant les valeurs et les sensibilités communes façonnées par l’histoire et l’usage intercontinental de nos langues. La coopération initiée avec la Communauté des pays de langue portugaise, l’Union latine, mais aussi l’Organisation des Etats ibéro-américains, en est une bonne illustration puisqu’elle s’est notamment déployée dans ce domaine, avec les projets d’intercompréhension des langues latines et de veille linguistique auprès des Organisations internationales. Les technologies de la communication constituent un autre terrain de coopération au sein duquel nous avons délimité des actions communes en matière d’éducation à distance et d’observation des indicateurs des langues et des cultures au sein de la société de l’information.

Vastes projets, vaste entreprise, relayés au niveau politique par les plus hauts représentants des Organisations internationales reprises sous le label « TEL », comme abréviation des Trois espaces linguistiques. A plusieurs reprises en effet, ces derniers se sont exprimés conjointement au travers de déclarations et de résolutions, sur les grands enjeux internationaux que sont la diversité culturelle, la fracture numérique ou encore la gestion de la société de l’information. Représentatifs de plus de 80 Etats, les Trois espaces linguistiques entendent peser de tout leur poids sur la scène internationale pour défendre ce qui les réunit aujourd’hui, la foi en une mondialisation à visage humain, maîtrisée et respectueuse de chacun.

Les modalités opérationnelles de notre action vous seront mieux définies dans le cadre des tables rondes par les représentants des opérateurs francophones engagés dans cette coopération originale. Il nous tenait néanmoins à cœur d’ouvrir vos débats par une présentation générale, brève, mais révélatrice de l’opportunité de cette rencontre et de sa prise en compte non seulement au niveau national, mais aussi international.

Comme l’écrivait Fernando PESSOA, « l’action rapporte toujours plus que la propagande » et je souhaite par conséquent beaucoup de succès et de concrétisations à vos travaux.

Je vous remercie de votre attention.



Abou Diouf


Monsieur Abou Diouf nait le 7 septembre 1935 à Louga au Sénégal. Il fait ses études primaires et secondaires à Saint Louis. Il débute des études de droit à Dakar pour les poursuivre à Paris et devient breveté de l'Ecole nationale de la France d'Outre-Mer (ENFOM) en 1960.

Il occupe aussitôt de hautes fonctions administratives pour devenir directeur de Cabinet du Président Senghor en 1963, puis secrétaire général de la Présidence de la République en 1964. Il devint ensuite ministre du Plan et de l'Industrie de 1968 à 1970, puis fut nommé Premier ministre en février 1970.

Il devint Président de la République du Sénégal le 1er janvier 1981, à la suite de la démission du Président Senghor, et fut reconduit dans ses fonctions lors des élections de 1983, 1988 et 1993.

Ses différents mandats furent placés sous le signe de l'approfondissement de la démocratie, initiée par son prédécesseur, sur la libéralisation progressive de l'économie et sur la décentralisation.

Il a également contribué à faire entendre la voix du Sénégal dans le monde, à travers la participation à de très nombreux sommets internationaux, et a lutté pour une plus grande unité africaine.

Au niveau intérieur, il dut faire face aux revendications du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui aboutirent à un conflit qui n'est pas encore résolu aujourd'hui. La crise économique des années 80 engendre de nombreuses frustrations et sa réélection de 1988 est mouvementée.

Abdou Diouf fut battu au deuxième tour de l'élection présidentielle du 17 mars 2000, laissant sa place à Abdoulaye Wade. Il réside depuis lors en France avec sa femme Elisabeth.

Le 20 octobre 2002, il est élu secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, succédant à l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali.



Monsieur Abou Diouf étant empêché par les Journées de la Francophonie, a été remplacé par Monsieur Jacques Crete, Directeur du Cabinet.