La Langue Portugaise, le Brésil, la Lusophonie, La Mondialisation Linguistique:                
Un Nouveau Regard                

Allocution de M. Jean-Pierre Brard
Député de la Seine-Saint-Denis, Maire de Montreuil
à l'occasion de la scéance inaugurale du colloque

"La langue portugaise, le Brésil, la lusophonie,
La mondialisation linguistique: un nouveau regard"

le 16 novembre 2005 au Sénat

Monsieur le Président,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le secrétaire exécutif,
Monsieur le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie
Monsieur le secrétaire général de l'Union latine
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs,
Chers amis

"Une langue qui meurt
C'est une vision du monde qui disparaît"

(Louis-Jean Calvet 2004, professeur de politologie linguistique)

De nombreuses transformations ont agité les pays de langue portugaise ces dernières années. En effet, la présence du Portugal dans l'Union Européenne, l'émergence du Brésil en tant que future grande puissance mondiale, l'adhésion des nations africaines lusophones à la CPLP (Communauté des Pays de Langue Portugaise) ainsi que l'indépendance retrouvée du Timor oriental, ont, profondément remodelé le monde de la lusophonie au point d'en faire un ensemble stratégique.

Il se compose désormais non seulement d'un espace économique en plein développement, mais aussi d'une organisation politique et culturelle de dimension internationale, qui font de la langue portugaise l'un des plus grands ensembles linguistiques planétaires.

Dans le contexte de la globalisation du monde agissant dans tous les domaines, l'usage d'une langue est tout autant un outil de communication que le vecteur d'une identité et d'une culture. C'est pourquoi il est de la responsabilité du politique - et bien sûr de l'éducation - de gérer l'usage des langues, non par un repli sur une attitude passive et servile, mais par l'organisation d'actions concrètes ayant pour ambition de sensibiliser l'opinion publique aux enjeux de l'apprentissage des langues. Chacun le sait, la compétence linguistique est devenue une compétence indispensable dans l'économie, dans le secteur social, dans les échanges, dans la culture, etc. ...

"Un monolangue" comme l'écrit le sénateur Jacques Legendre "est un unijambiste". Toutefois, bien entendu la capacité de communiquer au-delà des frontières, ne peut être assimiliée à la seule maîtrise de l'anglais. L'Europe de ce point de vue, a des responsabilités particulières. Elle a vu naître sur son territoire quatre langues néo-latines qui ont le privilège d'être des langues de communication mondiale, plurinationale et pluricontinentale. Pour autant, lorsque l'on constate qu'à Bruxelles, certaines de nos élites n'utilisent qu'une seule langue, à savoir l'anglais: on a de quoi s'interroger! On peut en déduire que ces quatre langues néo-latines n'ont que peu de signification à Breuxelles.

Que font les espaces lingustiques latins : la lusophonie, l'hispanophonie, l'italophonie, la francophonie, pour répondre à cette vision du monde?
Nous espérons l'apprendre dans ce colloque.

Bien entendu, nous savons que des réponses s'organisent et la présence parmi nous de l'Agence Internationale de la Francophonie, de l'Union Latine, de la CPLP semble indiquer que ces institutions s'en préoccupent.

C'est pourquoi, je vais maintenant m'efforcer de vous parler de ce que nous développons à Montreuil et tentons de promouvoir au sein de l'Association des Collectivités des Territoires de l'Est Parisien (l'ACTEP) qui regroupe 21 communes et les 2 départements de l'Est parisien.

En premier lieu, dans le cadre de la coopération décentralisée nous construisons de nombreux accords autour du thème de l'éducation avec plusieurs villes dans le monde. La Municipalité de Montreuil a fait de la coopération institutionnelle décentralisée une priorité. La coopération contribue en effet de manière originale à l'échange de savoirs et tisse des liens et des rapports nouveaux et équilibrés entre les peuples.

Le développement de nos activités de coopération, rendu possible par une expérience riche et reconnue s'inscrit dans un contexte nouveau en pleine évolution.

Ainsi notre ville entretient aujourd'hui des liens étroits avec la ville de Changchun (Chine), la province de Haï-Duong (Vietnam), le cercle de Yélimané (Mali, plus de vingt ans de coopération), la ville de Modi'in (Israël), de Beit-Sira (territoires palestiniens), Cottbus (Allemagne), Palmela (Portugal) et Diadema au Brésil, dans la banlieue proche de São Paulo. Une coopération avec la ville d'Agadir (Maroc) est également en cours de construction.

Les actions menées en partenariat, mutuellement avantageuses pour les populations respectives sont variées et riches d'enseignement pour chacun. Ces actions touchent ainsi les domaines de la santé, de l'environnement, de la sécurité alimentaire, du développement économique, de la culture, du sport, etc. ...
Mais surtout nos relations sont orientées vers des échanges universitaires, scolaires et linguistiques.

A ce titre, sont accueillis à Montreuil des étudiants et enseignants, afin de leur permettre d'accroître leur connaissance de la langue et de la culture française, et le cas échéant, de leur permettre d'intégrer des cursus diplômant en France. De même, certaines de nos villes partenaires, accueillent à leur tour des étudiants montreuillois pour des courts ou des longs séjours.

Si je me permets d'insister sur la coopération internationale que nous menons avec des ambitions renouvelées et des moyens importants en regard de notre budget, c'est qu'il nous semble indispensable pour l'avenir de notre ville et ses habitants de nous ouvrir au monde.

Cette vision nous incite à organiser régulièrement de fréquentes réunions et rencontres publiques dont le thème majeur est l'apprentissage des langues étrangères afin d'aider les familles, les jeunes, les enseignants, etc. ... à adapter des formations et à gérer les offres et les demandes qui se font jour en regard du développement de la coopération internationale, de la solidarité entre les peuples et des enjeux produits par la Mondialisation. Ces actions ont aussi pour but de gagner l'opinion des Montreuillois et nos administrations à la cause du plurilinguisme. Au-delà de la coopération internationale, elles se développent principalement dans un cadre que nous avons nommé le plan langues. Il s'appuie sur un 'Contrat d'objectifs et de Partenariat' avec l'Education Nationale et des partenariats avec l'association ACTEP, l'INALCO et l'Office franco-allemand de la jeunesse.


 

I - Le plan d'actions municipales pluriannuel 2004 pour le développement de l'apprentissage des langues à Montreuil se décline ainsi:

 

            - Avec l'Education Nationale, permettre aux enfants scolarisés d'acquérir la maîtrise de deux langues vivantes - en plus du français.
            - Assurer la coordination et la cohérence des actions en concertation avec tous les acteurs: comité de pilotage "Langues et coopération éducatives".
            - Aller vers une généralisation de l'enseignement des langues à l'école élémentaire.
            - Ouvrir la généralisation de la "deuxième 1ère langue" dans la classe de 6ème.
            - Disposer d'une carte des langues favorisant la continuité, la diversité, la complementarité.
            - Obtenir des implantations de classes européennes et sections internationales.
            - Favoriser les échanges entre classes ou établissements scolaires de différents pays.
            - Accueillir les enfants non francophones et favoriser leur apprentissage de la langue française.

La question de l'apprentissage des langues dans leur diversité est un véritable défi pour les jeunes de notre époque et notre société toute entière et cela pour deux raisons majeures:

            - en premier lieu, connaître une ou plusieurs langues étrangères, c'est s'assurer une capacité à communiquer avec l'autre. Or, à l'heure de l'Europe et des échanges internationaux multiples, l'autre c'est notre partenaire, notre voisin.
            - ensuite, procéder à l'apprentissage d'une langue, c'est effectuer un travail intellectuel, culturel, de découverte et de mémoire indispensable au développement humain et à sa capacité d'investir le monde moderne

C'est pour ces raisons que la ville de Montreuil est particulièrement attachée à offrir aux jeunes de la ville les meilleures conditions possibles d'apprentissage des langues les plus courantes mais aussi les moins enseignées qui sont souvent tout aussi riches et porteuses d'avenir et de diversité. D'où notre décision d'organiser un colloque sur la langue portugaise. Que ce soit en partenariat avec l'Education Nationale pour ce qui concerne le volet scolaire par la mobilisation des services municipaux ou du tissu associatif, sportif ou culturel, Montreuil a donc décidé de relever le défi.

Un défi des plus enthousiasmants qui se fixe un objectif très précis que chacun appréciera à sa juste valeur: tout mettre en oeuvre pour que dans dix ans, chaque jeune Montreuillois maîtrise parfaitement deux langues étrangères en plus du français.

Pour y parvenir, la ville de Montreuil a construit ce plan d'actions:

            - En avril 2005 un "comité de pilotage" s'est constitué pour garantir la coordination des actions visant à améliorer l'apprentissage des langues. Ce comité est constitué par des représentants du Ministère de l'Education Nationale, des chefs d'établissements scolaires et des représentants de la municipalité.
            - Aller vers une généralisation de l'enseignement des langues à l'école élémentaire. Il est désormais prouvé que l'apprentissage d'une langue quelle qu'elle soit est d'autant plus facilité et efficace que celui-ci s'effectue dans les toutes premières années de la scolarité. Il revient à l'Education Nationale de former et de nommer les enseignants permettant le développent de ces enseignements. La ville fournira les outils pédagogiques nécessaires et continuera son soutien en aidant concrètement à l'accueil d'intervenants étrangers, notamment en matière de logement.
            - Ouvrir la généralisation de la "deuxième 1ère langue" en classe de 6ème. Si désormais une langue étrangère doit être enseignée dès l'école élémentaire, l'apprentissage de deux langues étrangères dès la 6ème doit être systématisé.
            - Obtenir des implantations nouvelles de classes européennes et sections internationales. Les classes européennes au collège et les sections internationales au lycée sont des unités d'enseignement où des matières comme l'histoire, la géographie ou autres, sont enseignées dans la langue étrangère en cours d'acquisition.
Cette méthode, favorisant 'le parlé' et diversifiant l'approche à la langue étudiée est un atout important pour l'apprentissage.

La ville agit pour favoriser l'implantation de telles classes et sections dans les établissements du second degré:
            - Elle facilite l'accueil d'élèves, de groupes ou de classes d'établissements scolaires avec lesquels les enfants de la commune sont en correspondance.
            - Elle organise l'accueil individuel à Montreuil, en famille, de lycéens pour une année scolaire et favorise la réciprocité pour des lycéens montreuillois.
            - Elle met en contact enseignants et chefs d'établissements montreuillois et étrangers.
            - Elle accompagne les établissements scolaires dans le montage et le partage de dossiers de financement des séjours linguistiques.
            - Elle contribue au financement des projets d'échanges linguistiques.

Accueillir les enfants non francophones et favoriser leur apprentissage de la langue française:
L'apprentissage des langues étrangères, c'est également permettre aux enfants non francophones, récemment arrivés dans notre ville, de découvrir notre culture et notre langue. Afin de favoriser cet apprentissage sous la responsabilité de l'Education Nationale, la ville finance et organise le ramassage scolaire de ces élèves et finance leur enseignement à hauteur de 350 euros annuels par élève (à ce jour, 3 classes CLIN sont installées à Montreuil).

L'enseignement des langues est de la compétence de l'Education Nationale, mais seule une vision étroite conduirait à prétendre qu'elle est de sa seule responsabilité.

En créant un environnement global favorable au développement d'actions multiples, la ville entend souligner l'importance qu'elle attache à permettre aux jeunes comme au moins jeunes de s'ouvrir à d'autres cultures, d'autres connaissances et ainsi, continuer à relever le défi de l'apprentissage des langues étrangères. A cet effet, la ville intervient dans plusieurs domaines:

            - Favoriser le bilinguisme et le biculturisme des foyers mixtes:
Les familles caractérisées par la préence d'un ou de deux parents d'origine étrangère représentent une importante réalité sociologique dans le territoire de Montreuil.
Les enfants issus de ces foyers bénéficient potentiellement d'un atout culturel et linguistique extraordinaire, à condition que leur deuxième culture et leur deuxième langue soit valorisée.
Par ailleurs, favoriser et encourager le bilinguisme et le biculturisme signifie également mettre en valeur la cellule familiale dans sa totalité et dans sa spécificité.
Afin de renforcer l'apprentissage écrit et oral de la deuxième langue depuis le plus jeune âge, la ville va proposer des cours de langues étrangères aux enfants issus des foyers bilingues.

            - Favoriser la lecture en langue étrangère:
Connaître ou apprendre une langue étrangère, c'est également se confronter à l'écrit et découvrir le plaisir de la lecture dans la langue de son choix. Afin de favoriser cette approche la ville:
            - Veillera à l'approvisionnement des bibliothèques de collèges et lycée en ouvrages en langues étrangères.
            - Réservera 5% de ses acquisitions annuelles pour ses bibliothèques municipales à l'acquisition d'ouvrages, DVD et autres supports en langues étrangères.
            - Editera régulièrement un catalogue de ces ouvrages mis à la disposition de la population.
            - Examinera avec la direction du Salon du Livre de Montreuil les possibilités de valorisation des ouvrages en langue étrangère.
            - Soutiendra tout atelier pouvant être mis en place dans les crèches et les centres de loisirs.

            - Permettre la maîtrise de la langue par l'action culturelle
L'apprentissage d'une langue peut parfois apparaître rébarbatif. Diversier ses approches, en les adossant à un contenu culturel, permet d'approfondir ses connaissances tout en permettant l'enrichissement personnel. Pour cela la ville agit dans plusieurs domaines :
            - Développer les centres de vacances à dominante linguistique.
            - Favoriser les projets individuels tournés vers l'étranger
Par cette action, la ville entend aider les jeunes qui, hors des sr*tructures habituelles, souhaitent s'ouvrir sur le monde, soit par appétit de découvertes, soit par projet professionnel. Ainsi la ville soutient chaque année les projets personnels, à dominante linguistique, par l'attribution d'une bourse.
            - L'ouverture d'un accueil 'projet à l'étranger' dans les services municipaux.
En reciprocité, la ville est prête à accueillir dans ses services, dans le cadre de stages de découverte, d'immersion ou de formation, des jeunes étrangers souhaitant développer leur connaissance de notre pays et de notre langue.
            - Créer un réseau montreuillois de familles d'accueil.
Permettre à des familles montreuilloises d'accueillir selon leur choix pour un jour, une semaine ou six mois un jeune. Répondre à ces besoins, c'est donc favoriser les échanges dans le cadre d'un enrichissement mutuel.

La ville a donc décidé la création d'un réseau de familles d'accueil et d'un système d'indemnisation pour soutenir leur engagement.


 

II - Les partenariats:

 

A) L'INALCO (Institut National des Langues et Civilisation Orientales)

C'est un établissement à caractère scientifique, culturel et professionnel sous la tutelle du Ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Il a pour vocation l'enseignement des langues d'Europe centrale et orientale, d'Asie, d'Océanie, d'Afrique et des populations aborigènes d'Amérique, ainsi que de la géographie, l'histoire, les institutions, la vie politique, économique et sociale des pays concernés.

L'INALCO a reconnu la volonté de la ville de Montreuil vis à vis des peuples et des cultures étrangères, tant sur le plan de l'accueil que sur le plan des coopérations et des solidarités internationales, en conséquence l'INALCO et la ville de Montreuil se sont engagés en partenariat avec l'Education Nationale, à créer des opportunités de rencontre entre les élèves des écoles et des établissements scolaires de Montreuil et les enseignants de l'INALCO, dans le cadre d'activités spécifiques consacrées aux langues et aux cultures étrangères et s'intégrant aux programmes scolaires.

Ces rencontres (clubs culture) seront organisées autour de différentes thématiques (histoire, économie, culture ...) et sous les formes pédagogiques les mieux appropriées.

Des modules adaptés seront organisés pour les élèves des collèges et des lycées de Montreuil qui apprennent des langues telles que le chinois ou l'arabe. Le parcours culturel de ces élèves pourra ainsi s'enrichir d'une approche complémentaire de la langue et de la culture étudiée.

 

B) L'Implantation d'un lycée international avec l'ACTEP

A l'Est de Paris, une démarche originale de coopération intercommunale, sous forme associative, a été mise en place en 2000 avec la création de l'Association des Collectivités Territoriales de l'Est Parisien (ACTEP) regroupant 20 communes et les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val de Marne.

L'Est parisien constitue le coeur d'un espace de liaisons et échanges entre Paris et les grans pôles régionaux de l'Est parisien (Paris-Bercy, Paris-Rive Gauche, Marne la Vallée, Seine Amont, Roissy-Cahrles de Gaulle, Orly-Rungis, Bobigny et Créteil). Les grands axes routiers et férrés qui le traversent, structurent l'agglomération parisienne et mettent le territoire aux portes de l'Europe.

Cette démarche s'organise autour de huit thèmes :le développement économique, la formation, le transport et les déplacements, l'environnement, les technologies de l'information et de la communication, la santé, la culture et le tourisme et surtout l'éducation et la formation.

Avec le transfert par l'Etat et la Région de la compétence concernant les lycées internationaux, l'ACTEP a pris l'initiative de solliciter l'Etat et la Région, quant à l'implantation d'un lycée international dans l'est parisien, élèment central du projet de teritoire. L'éducation et la formation sont au coeur des priorités de cette intercommunalité de projet.

Ce complexe d'enseignement international d'envergure nationale regroupe sur un même site un lycée avec classes préparatoires aux grandes écoles, un collège et un internat, soit environ 2000 élèves.

Ce campus comprend un ou plusieurs équipements sportifs et culturels, ouvert aux élèves, aux habitants et aux entreprises du territoire. Afin de faire de l'Est parisien un territoire d'excellence en matière de formation et plus particulièrement de formation linguistique, ce complexe d'enseignement internationalconstitue la tête de réseau des établissements du territoire proposant des classes européennes et des sections internationales. Le lycée international est placé au coeur d'une dynamique éducative originale et novatrice de la maternelle aux établissements d'enseignement supérieur ou de coopération internationale du territoire, conformément au Contrat d'Objectifs signé en novembre 2003 entre l'Education Nationale et l'ACTEP.

Il s'agit d'un établissement désectorisé, mais afin de l'ancrer territorialement, le recrutement prévoit 1/3 d'élèves franciliens, 1/3 d'élèves de l'Est parisien et 1/3 d'élèves étrangers (avec un dispositif d'accompagnement et de préparation).

L'enseignement de l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien, l'arabe, le chinois, le japonais et le français pour non francophones - et bien entendu le portugais de la Lusophonie - est prévu. D'autres langues complèteront à terme l'enseignement.

Le lycée acceptera un grand nombre d'équivalences de diplômes étrangers.

Ces actions signifient que nous chercherons avec l'Education nationale à mettre en place une politique ambitieuse, lisible et de la plus haute qualité pour les jeunes de notre ville qui comme vous savez est une ville de la banlieue parisienne.

Aujourd'hui la France est en retard sur l'apprentissage précoce des langues. De nombreux pays européens nous montrent le chemin en intégrant les langues étrangères dans l'enseignement obligatoire dès le primaire.

Pour continuer sur cette route il faut des moyens. Ils manquent cruellement. Nous ne pourrons être à la hauteur des enjeux, si nous n'arrivons pas à dégager les ressources financières nécessaires.

Aborder humainement la mondialisation, c'est combattre la part trop restreinte réservée aux langues de la planète.

A Montreuil, si nous nous sentons européens et combattons l'affaiblissement de l'italien, du portugais, de l'allemand, etc. ... nous ne pouvons pas pour autant, accepter le recul de l'arabe, du chinois, du russe, etc. ...

Nous sommes pour une politique totalement volontariste en faveur d'une vraie diversification des langues vivantes et nous voulons éviter le "tunnel de l'anglais". Pour cela, nous devons accompagner toute démarche linguistique d'actions culturelles et artistiques de haut niveau, seules en mesure d'ouvrir une réelle sensiblité sur la diversité du monde.

Sensibiliser la jeunesse et le grand public à d'autres pays, à d'autres cultures, au respect, aux échanges et à la fraternité entre les peuples est de notre responsabilité.

De ce point de vue, c'est avec joie que nous avons répondu aux sollicitations du Président de Brésil/Brésils 2005, Jean Gautier. Ce colloque, je crois, en est une des meilleures illustrations.

Son organisation a été facilitée par les relations d'amitié et de coopération que nous avons développées depuis plusieurs années avec Palmela au Portugal, avec l'Afrique et nien entendu avec le Brésil et la ville de Diadema de l'Etat de São Paulo.

Nul doute qu'avec le Brésil, qui entend prendre toute sa place dans la promotion et l'apprentissage de la langue portugaise, cette langue aie un grand avenir devant elle. Nous sommes les amis de la langue portugaise. Nous soutiendrons du mieux que nous pourrons avec l'aide de la fancophonie et les autres institutions latines son apprentissage.

La langue portugaise est non seulement européenne mais aussi africaine, indienne et même asiatique. Elle nous est indispensable. J'espère que cela sera souligné avec suffisamment de force dans ce colloque qui entend poser un nouveau regard sur la mondialisation linguistique.

Au nom de la Municipalité, au nom de l'ACTEP, je souhaite plein de succès aux travaux de ce colloque et vous dis à demain, à Montreuil.

 




Jean-Pierre Brard


Jean-Pierre Brard est né le 7 février 1948 à Flers (Orne). Il est marié et père de 3 enfants. Il effectue son service militaire dans le cadre de la coopération en qualité d'instituteur à Prague (1969 - 1971).

Il est Maire de Montreuil (101 400 habitants, quatrième ville de la région Ile-de-France) depuis mars 1984.

Au sein de l'Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), Jean-Pierre Brard est vice président, et responsable du groupe de travail sur la laicité.


Pour en savoir plus sur son mandat de député :
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